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Les Personnages

La Capoeira

Mestre Bimba

Manoel dos Reis Machado (1900-1974), le fils de Luiz Cândido Machado et Maria Marinha do Bonfim, est né le 23 novembre 1900, dans le quartier de “Engenho Velho”, Freguesia de Brotas, de Salvador de Bahia au Brésil.

Le surnom de “Bimba” lui vient d’un pari entre sa mère et la sage-femme. La première pensait qu’elle aurait une fille alors que la sage-femme était sûre que ce serait un garçon.

A l’accouchement, la mère demanda qui avait gagné le pari et la sage-femme lui répondit « C’est un bimba, Madame Martinha ». Le mot « bimba » désigne en portugais l’organe génital masculin des bébés.

Bimba commença à faire de la Capoeira à 12 ans, avec un Maître de descendance africaine prénommé Bentinho, capitaine de la compagnie de Navigation de Bahia.

Quatre ans plus tard Bimba commença à enseigner la Capoeira Angola aux employés de la compagnie dans les ports de Bahia.

La Capoeira Régionale surgit à partir de la fusion de la Capoeira Angola avec le Batuque, une lutte que Bimba avait appris auprès de son père, champion de l’Etat de Bahia. Cette nouvelle forme de Capoeira fut appelée « Lutte régionale de Bahia ».

Bimba chercha alors à prouver son efficacité non seulement contre d’autres capoeiristes et policiers agressifs mais aussi et principalement, en lançant un défi à d’autres représentants connus de tous types de luttes.

Il gagna tous les tournois, celui qui dura le plus longtemps ne dépassant pas 1minute et 10 secondes. Les journaux de Bahia racontaient ses exploits en soulignant son courage et sa ténacité.
Avec l’expansion du sport au-delà des confins de Salvador, la lutte passa à s’appeler « Capoeira Régionale »
En 1932 Mestre Bimba fonda sa première académie de Capoeira régionale, dans le « Engenho Velho de Brotas » de Salvador, appelé « Centre Culturel Physique Régional de Bahia ».
En 1937 il réussit à enregistrer son académie auprès du Secrétariat à l’Education, de la Santé et de l’Assistance Publique de Salvador, en reconnaissance de son travail.
En 1942 il fonda sa deuxième académie à Terreiro de Jesus. Déçu par le manque d’appui des pouvoirs publics de Bahia et confiant dans les promesses de son élève Oswaldo de Souza, qui donnait des cours à Goiana, Bimba partit pour cette capitale en janvier 1973, sûr d’y trouver une vie plus digne.
Le 5 Février 1974, à l’Hôpital de Goiania, Maître Bimba mourut, victime d’une attaque cérébrale, avec l’amertume des trahisons, la déception du manque d’appui reçu, et des difficultés financières.

Mestre Pastinha

Vicente Ferrera Pastinha (Mestre Pastinha) est né en 1889, fils de l’espagnol José Señor Pastinha et de Doña Maria Eugenia Ferreira.

Il connut la Capoeira à l’âge de huit ans, initié par un africain que l’on appelait l’Oncle Benedito, qui décida de lui enseigner son art en le voyant se battre contre un autre garçon beaucoup plus grand que lui. Pastinha passait tous les après midis à s’entraîner dans la rue de Tijolo à Salvador.
C’est là où il apprit à être un vainqueur.

Il vécut une enfance heureuse, bien que pauvre et modeste, fréquentant le matin les cours du lycée d’arts où il apprit à peindre. L’après-midi il s’entrainait à la capoeira. A treize ans c’était le garçon le plus respecté du quartier.

Ses parents l’ont inscrit à l’école d’apprenti marin, ne voulant pas qu’ils continuent la capoeira qu’ils estimaient être pour les vagabonds. Il découvrit alors les secrets de la mer tout en enseignant la capoeira à ses amis.

A 21 ans, il retourna à Salvador, décidé à se dédier à la peinture. Pendant son temps libre, il s’entraîné à la Capoeira en cachette, comme sa pratique était toujours un crime au début du siècle.
En 1941, il fonda le Centre Sportif de Capoeira Angola, dans le Pelourinho. Ce fut sa première académie de Capoeira.
L’uniforme de ses élèves était un pantalon noir et une chemise jaune. Pastinha travailla beaucoup pour promouvoir la Capoeira, représentant le Brésil et l’art noir dans divers pays.
A 84 ans, malade et physiquement réduit, il a été vivre dans une petite chambre du Pelourinho avec sa deuxième épouse, Doña Maria Romélia.
Il dut abandonner l’ancien siège de l’académie à cause des problèmes financiers.
Son unique ressource venait de l’acarajé que vendait sa femme. En avril 1981, il participa de la dernière roda de sa vie.
Le vendredi 13 novembre 1981, Mestre Pastinha est décédé à 92 ans, aveugle et paralysé, d’une attaque cardiaque.


Besouro Maganga

Depuis tout petit, Manuel Enrique, fils de Joao Grosso et Maria Haifa, apprenait les secrets de la Capoeira de rue avec le Maître Alipio, a Santo Amaro da Purificaçao, et fut baptisé « Besouro Maganga » à cause de sa souplesse et facilité à disparaître quand on avait besoin de lui.


Un noir fort à l’esprit aventureux, il n’a jamais travaillé dans un endroit fixe et n’a jamais eu de profession définie.

Lorsqu’il y’avait trop d’adversaires et Besouro perdait l’avantage, il disparaissait sans que personne ne sache où il était partit, « en volant » comme l’oiseau dont il portait le nom.

Son entourage commença alors à lui attribuer des pouvoirs surnaturels.

En train, à cheval ou à pied, Besouro, selon les circonstances, allait de Santo Amaro à Maracangalha pour travailler dans des usines ou haciendas.


Son élève et cousin le Maître Cobrinha Verde raconte que un jour il trouva du travail à l’Usine de Colônia (aujourd’hui Santa Elisa) de Santa Amaro. Une semaine plus tard, le jour de paie arrivé, le patron lui dit, comme à d’autres employés, que son salaire “s’était envolé” pour Sao Caetano, signifiant qu’il ne comptait rien lui payer. Ceux qui osaient se révolter étaient fouettés et attachés à un arbre en plein soleil durant 24h. Besouro, lui, empoigna le patron et l’obligea à le payer après lui avoir décrocher un grand coup.

Vindicatif et rebelle, Besouro n’aimait pas la police et avait régulièrement des problèmes avec elle. On raconte même qu’il arrivait que Besouro leur quitte leurs armes pour les enfermer dans leur propre prison.
Une fois il obligeât un soldat à boire une grande quantité de cachaça avant de l’enfermer. A son réveil, celui-ci se plaint à son commandant, José Costa, qui désigna 10 hommes pour attraper Besouro mort ou vivant.
Quand il se rendit compte de l’approche de la police, Besouro sortit du bar où il se trouvait et se planta, les bras tendus, sur une croix dessinée sur la route, en déclarant qu’il ne se rendrait pas.
On entendit une grande fusillade qui laissa le capoeiriste étendu au sol. Le commandant s’approcha, le pensant mort, mais Besouro se releva en chantant et ordonna aux hommes de se retirer.


Les disputes et révoltes étaient nombreuses à l’époque et Besouro prenait régulièrement parti contre les propriétaires des « fazendas » et usines ainsi que la police. Employé dans la fazenda du Dr. Zeca, et père d’un enfant nommé Memeu, Besouro fut désigné pour mourir.
Un homme influent, le Dr. Zeca envoya par l’intermédiaire de Besouro, qui ne savait ni lire ni écrire, une lettre à son ami le gérant de l’usine Maracangalha, qui donnait l’ordre de tuer le coursier.

On ordonna à Besouro d’attendre jusqu’au jour suivant la réponse à la lettre. Il alla la chercher tôt le lendemain, et fut entouré de plus de 40 soldats qui lui tirèrent dessus.
Il s’éloigna du lieu en esquivant les balles avec la ginga de son corps. Un homme connu sous le nom de Eusebio de Quibasa le frappa d’un coup de couteau en bois, réputé selon la tradition du Candomblé (religion africaine-américaine qui s’installa dans tous les lieux de destination des esclaves noirs) être l’unique arme capable de tuer un homme « au corps fermé », c'est-à-dire qui résiste aux balles comme semblait être le cas de Besouro.

Manuel Enrique, Besouro Manganga, est mort jeune à l’âge de 27 ans en 1924. Trois de ses élèves sont toujours en vie, Rafael Alves França, Mestre Cobrinha Verde et Siri de Mangue.
Aujourd’hui, Besouro est un symbole de la Capoeira dans tout le territoire de Bahia, admiré pour le courage et la loyauté avec lesquels ils se comportait pour aider les minorités opprimées par la police et les propriétaires terriens..

Zumbi, roi de Palmares

En 1655, un nouveau-né fut un des rares survivants de l’attaque d’un voyageur du Quilombo dos Palmares.
L’enfant fut remis au père Antonio Melo, qui le baptisa Francisco. Il étudia le portugais, le latin, et la théologie.

Une nuit de 1670, à l’âge de 15 ans, Francisco fit une fugue et s’en alla au Quilombo, changeant son nom pour celui de Zumbi, ce qui signifie en dialecte Banto « Seigneur de la Guerre ».

Rapidement, il fut élu chef d’une commune puis commandant général de l’armée de Palmares.

Zumbi devint un héros populaire lorsque, contrairement à Ganga Zumba, il refusa le faux traité de paix proposé par le gouvernement et prit le pouvoir laissé par Ganga Zumba qui quitta le Quilombo.fit exécuter ses rivaux internes et les anciens collaborateurs de Ganga Zumba et transforma Macaco, le quartier général de Palmares, en une gigantesque forteresse.

Durant seize longues années il repoussa les attaques sur son territoire. Dans les villages, l’on disait que Zumbi était immortel.

C’était un guerrier implacable qui ne perdait jamais courage pendant la guerre.

Mais sa dernière bataille était proche et le 20 novembre 1695, un an après la déroute de Palmares, le Seigneur de la Guerre mourut dans une embuscade.

Trahi par un ami, sa tête fut coupée et mise dans un tronc et exposée sur la place publique de Recife.
Ses organes génitaux furent coupés et insérés dans sa bouche, pour démontrer qu’il n’était pas immortel et pour prouver la supériorité des blancs.

Le jour de la mort de Zumbi est commémoré comme le « Jour de la Conscience des Noirs ».

Zumbi est mort, mais ses convictions vivent toujours, intactes, au cœur de la culture afro-brésilienne.

Ganga Zumba, grand chef de Palmares

L’histoire commet une injustice lorsqu’elle relate la saga du Quilombo dos Palmares.
Zumbi y apparaît souvent comme le grand et unique personnage dans la lutte contre le gouvernement esclavagiste.

Mais Palmares est devenu ce qu’il était grâce à Ganga-Zumba. On sait très peu de lui.
C’était un noir africain grand et fort qui arriva a Palmares autour de 1630.
A cette époque, Palmares était composé de peuplades, les mocambos, ce qui signifie « caché » dans le dialecte banto.

Ganga-Zumba fut le premier à se rendre compte qu’un Palmares uni serait difficilement vaincu et réunit les chefs locaux des onze meilleurs mocambos pour créer une confédération et se fit élire Commandant en Chef.

Ce fut le début de la période la plus prospère et heureuse de Palmares. Pour tenter d’en terminer avec les incessantes tentatives d’invasion qui obligeaient les habitants de Palmares à vivre toujours en guerre, Ganga-Zumba, en 1678, décida de négocier une paix durable avec le gouvernement blanc.

Zumbi et la majorité de la population du Quilombo ne croyaient pas à cette paix et ce fut la première note de discorde à l’intérieur du Quilombo.

C’est ainsi que Ganga-Zumba, le 5 février 1678, accompagné de 400 habitants du Quilombo, partit pour Recife puis à Cacau, où, après avoir trouvé un lieu où s’installer, se rendit compte qu’ils étaient tombés dans une embuscade.
Il dit adieu à ses hommes en leur ordonnant de retourner à Palmares et se tua en buvant une liqueur empoisonnée.





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